LE DÉROULEMENT DU STAGE

1/

Dans un premier temps, il s’agira d’étudier en profondeur les processus créatifs du jeu d’acteur en travaillant sur le Training physique et mental et le Coaching émotionnel. Le premier s’intéresse à la conscience du corps, à l’espace, à l’énergie, au mouvement et au timing. Le second travaille sur les différents états (physiques et émotionnels) et les différents registres de jeu. Ces deux préparations permettront à l’acteur de comprendre la relation d’osmose entre le corps, la parole et le silence en expérimentant deux archétypes d’espaces : concret/abstrait, réaliste/imaginaire, plein/vide et quotidien/ métaphysique.

À partir de cette pratique, en travaillant le langage du corps comme un espace dramatique en soi où se manifestent toutes les forces contradictoires, l’acteur sera amené à découvrir de nouvelles voies d’interprétations dans ses extensions corporelles, mentales, émotionnelles et spatiales.

 

2/

Dans un deuxième temps, il s’agira d’explorer l’intimité individuelle et plurielle du jeu cinématographique (jeu brut, jeu neutre, jeu juste, jeu vrai…) dans son unique environnement naturel (le plateau de cinéma) face à une technique cinématographique obligatoire, omniprésente et souvent imposante. Les exigences du plateau (les raccords, les placements, le champ et le contre champ, l’entrée et la sortie de champ, le plan séquence…) et les contraintes du tournage (tournage en ordre dispersé, morcellement des actions…) seront autant d’exercices spécifiques face à la caméra qui permettront à l’acteur de comprendre le processus de fabrication d’un film tout en re-questionnant la nature, le contenu et la richesse de son jeu (justesse, logique, cohérence, lisibilité, crédibilité, originalité…).

À partir de cette pratique, entre technique solide et souplesse de jeu, l’acteur sera amené à s’adapter sans cesse, à développer instinctivement des stratagèmes ou des stratégies pour résoudre tout type de problème lié à l’interprétation ou à la technique de la technique. En acceptant l’inattendu, la découverte et le lâcher prise, il pourra ainsi évoluer avec sérénité et en toute sécurité dans un environnement perturbé par le décor, les accessoires, la lumière, la caméra et les techniciens.

 

3/

Dans un troisième temps, il s’agira d’apprendre à construire un personnage. Le personnage du film est avant tout une image (parfois fragmentaire), qu’il partage avec l’acteur qui l’incarne. C’est l’élément dynamique du récit, qu’il en soit le centre ou qu’il occupe une place plus périphérique. Il se définit par ce qu’il est, ce qu’il fait, mais aussi par rapport aux autres personnages.

À partir d’exercices simples, l’acteur sera amené à comprendre que ce qui est important en réalité, c’est de s’incarner dans un certain personnage, et d’incarner ce personnage dans son intégralité, sa globalité (au moment où il fait son entrée dans l’image, le personnage du film n’est-il pas déjà instantanément construit ; n’apparaît-il pas entier, porteur d’un certain nombre de traits que la suite du film viendra confirmer, renforcer ou, au contraire, contredire ?). Parce qu’il est confronté à des délais rapides, l’acteur apprendra par lui-même, grâce à des astuces de métier, à développer sa propre technique de travail visant à accélérer et à faciliter la préparation de son rôle ; car pour lui, il s’agit avant tout d’exprimer un certain personnage, de le défendre, de le rendre vivant, de le rendre absorbable par le public.

 

4/

Dans un quatrième et dernier temps, il s’agira d’explorer les deux genres majeurs du cinéma mondial : la comédie et le drame à travers le cinéma américain, le cinéma italien, le cinéma français, le cinéma espagnol et le cinéma anglais. La comédie  est un genre à la fois universel et d’une grande complexité. Chaque pays a développé sa ou ses propres tendances aux ressorts variés. La comédie fait rire, tantôt par son raffinement, tantôt par sa grossièreté, tantôt en fuyant les problèmes de société, tantôt en les exploitant. Le drame est un genre cinématographique qui traite de situations généralement non-épiques dans un contexte sérieux, sur un ton plus susceptible d’inspirer la tristesse que le rire. Il s’est décliné en plusieurs sous-genres qui, chacun, possédaient des particularités. Généralement, un drame repose sur un scénario abordant avec le moins d’humour possible un thème difficile qui peut être douloureux, injuste, ou révoltant ; il peut s’inspirer notamment de l’Histoire ou de l’actualité. Quoi qu’il en soit, la confrontation humaine est inévitable dans le drame et tout repose sur les émotions, le langage et l’esprit. Le sujet est sérieux et, à l’égal de la vie, rien ne certifie sa fin heureuse.

À partir d’extraits de scripts de films de Woody Allen, Pedro Almodovar, Ingmar Bergman, Bertrand Blier, Jean-Luc Godard, Alfred Hitchcock, Elia Kazan, Fritz Lang, Georges Lautner, Ernst Lubitsch, Federico Fellini, Gérard Oury, Marcel Pagnol, Maurice Pialat, Dino Risi, Sean Penn, Claude Sautet, Ettore Scola, Toto, François Truffaut, Francis Veber, Billy Wilder, Claude Zidi…l’acteur sera amené à jouer une histoire forte, « une histoire cinématographique » face à la caméra. Tous ces auteurs géniaux lui permettront d’essayer ainsi différents styles de jeu, donc différents personnages, en abordant les différentes déclinaisons de la comédie et du drame : comédie sociale, comédie populiste, comédie sophistiquée, comédie loufoque… et drame social, drame populaire, drame psychologique, drame baroque, drame moderne… Humblement, il tentera d’être au plus près de l’ambiance, de l’atmosphère du film et d’être au plus près de l’univers du réalisateur. Et peut-être, pourra-t-il faire cette expérience unique, magique et enivrante de sentir un public captivé qui rit, qui pleure et qui fait silence.